Eco-efficience

L’éco-efficience est un concept qui découle du développement durable, né en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio. « Le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable proposa, qu’à l’instar des organismes vivants, capables de convertir entièrement leurs résidus en matière première ou en source d’énergie, les produits et services deviennent éco-efficients. » (Source : Grenoble Ecobiz). L’éco-efficience, on en parle dans cet article.

 

L’éco-efficience, c’est quoi ? Quelle définition ?

L’éco-efficience est un concept dont on parle de plus en plus dans le monde du travail. Il s’agit d’une relation entre le bénéfice économique et l’impact environnemental causé. Plus concrètement, c’est le fait qu’une entreprise utilise moins de ressources naturelles dans son processus de production, tout en obtenant la même quantité de produits. «  Coca-Cola et Nestlé tentent par exemple d’utiliser moins d’eau, et Siemens moins d’électricité. Cet effort environnemental est conséquent, sachant que Coca-Cola a besoin de 70 litres d’eau pour produire 1 litre de boisson et produit une pollution plastique considérable » c’est ce que nous explique l’article Les pièges de l’éco-efficience dans The Conversation. Cette démarche d’éco-efficience permet une économie d’énergie et de coûts. Cela renvoie une image plus verte et plus responsable de l’entreprise.

« L’éco-efficience d’une entreprise est atteinte par la distribution de biens à un prix compétitif qui satisfassent les besoins humains et apportent de la qualité de vie, tout en réduisant progressivement les impacts écologiques et l’usage des ressources tout au long du cycle de vie. L’éco-efficience implique :
– la réduction de l’intensité en matière des biens et des services (notion de dématérialisation des produits)
– la réduction de l’intensité énergétique des biens et des services ;
– la réduction des rejets dans le milieu naturel (eau, air, sol) et en particulier de produits toxiques ;
– la réduction de l’usage du territoire et des espaces biologiquement productifs
– la réduction , la localisation des unités et le choix des modes de transports les moins polluants pour les biens et les personnes :
– l’augmentation de la recyclabilité des matériaux ;
– la maximisation de l’usage durable des ressources renouvelables
– l’extension de la viabilité des produits » (Source : Qualité Online)

Dans quels domaines d’activité peut s’appliquer l’éco-efficience ?

Impossible de citer tous les différents secteurs concernés. En voici quelques-uns :

# Le secteur automobile

On parle d’éco-efficience dans le secteur de la construction automobile et des transports. Les procédés de fabrication évoluent, que ce soit avec la sidérurgie, dans l’électronique ou encore le recyclage, les produits connaissent de vrais progrès technologiques, permettant ainsi des économies d’énergie.

 

# Les télécommunications

Pour faire face à l’énergie consommée par les datacenters, on parle d’éco-conception logicielle : il s’agit de développer des moyens de conception logicielle permettant de limiter les ressources tout en obtenant les mêmes fonctionnalités. Il est possible, par exemple, de développer une meilleure gestion des baies de stockage, de travailler autour de la conception des structures et le pilotage intelligent du bâtiment, de mettre en place des stratégies de récupération d’énergie, de free cooling etc. (Source : Média terre

 

# Le BTP

Autre notion de l’éco-efficience : l’écoconstruction, c’est-à-dire construire en respectant notre environnement, tout en offrant du confort aux occupants. La construction consomme des matières premières, de l’énergie et émet des gaz à effet de serre. Les modes de construction doivent être révolutionné. Il existe de nombreuses pistes : sensibiliser, se former aux nouvelles technologies requises par l’écoconstruction, concevoir et utiliser de nouveaux matériaux…

 

# L’industrie

« La compétitivité et la sobriété sont bien les deux enjeux et les deux opportunités de l’éco-efficience industrielle », nous explique Nicolas Petit de l’ADEME dans l’article L’éco-efficience industrielle, levier de compétitivité et de sécurisation des activités. Pour lui, l’innovation et l’échange de flux sont au cœur de cette écologie industrielle. « Des industriels, à la fois diversifiés et complémentaires, dont les besoins et intérêts convergent, créent par leurs synergies et leurs partages un écosystème à la gouvernance duquel ils coopèrent. »

A travers ces différents secteurs, des procédés et des produits permettent de réduire la consommation de matières premières. C’est ce que propose l’entreprise EQIOM.

 

3/ Exemple avec EQIOM

cimenterie

Construite en 1884, la cimenterie de Lumbres est l’une des plus anciennes d’Europe et la dernière des Hauts-de-France. Elle a pour objectif de se transformer afin d’améliorer son empreinte carbone et pour s’inscrire dans une nouvelle stratégie industrielle. C’est ce que nous explique Luc Cousin, Directeur technique et projet de cette cimenterie.  

« En terme d’éco-efficience, nous développons des projets pour réduire nos impacts énergétiques et nos émissions de CO2. Nous allons changer notre outil de production pour réduire de 30 % notre consommation de combustibles, et permettre de diminuer de 20 % les émissions de co2 par tonne produite. » Cette transformation va se faire en deux phases : la première consiste à créer un nouveau four de cuisson de clinker, le constituant actif du ciment. Les fours actuels sont performants mais dépassés,  le procédé de cuisson utilisé passe par voie humide. Il est incompatible avec les technologiques de captage de dioxyde de carbone. « Nous allons faire évoluer nos outils de production pour avoir un équipement plus moderne qui utilise un process différent. Aujourd’hui nous cuisons une pate qui contient 35% d’eau pour obtenir le produit intermédiaire, le clinker. Avec le nouvel outil, nous travaillerons par voie sèche donc pas besoin d’humidifier la matière. La consommation d’eau deviendra moindre et nous ferons une économie de 20% de l’énergie thermique sur le procédé et nous réduirons les émissions de co2 par tonne de produit fabriqué. » 

Pour la seconde phase de cette transformation, EQIOM prévoit le captage de CO2 à Lumbres puis sa séquestration en Mer du Nord, afin d’atteindre la neutralité carbone de la cimenterie.  Il s’agit d’un des 7 projets de dimension industrielle à avoir été sélectionné pour un financement par la Commission européenne dans le cadre de l’édition 2021 de son Fonds consacré à l’innovation (Innovation Fund), parmi plus de 300 candidatures à subventions, nous apprend le site concertation-cimenteriedelumbres.fr 
« Nous avons aussi d’autres projets : concevoir du ciment avec des matières moins carbonées. Une étude est menée en ce moment pour qu’il y ait moins de clinker dans le ciment et plus d’ajouts naturels ou artificiels afin que le produit soit plus écologique. »

L’éco efficience sera la thématique du prochain afterwork spécial Green Tech début octobre.

 

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